Le vieillissement et … les aptitudes à conduire ! 1ère partie.

Le permis de conduire est LE SYMBOLE D’INDEPENDANCE pour tous. Pour autant, “conduire” doit s’effectuer dans des conditions de sécurité optimales pour le conducteur, ses éventuels passagers et pour tous les autres usagers de la route. Il est important d’être très réaliste sur vos aptitudes à pouvoir encore conduire votre véhicule.
Nous avons rencontré des conducteurs responsables à 90 ans et des conducteurs irresponsables à 20 ou à 40 ans !
Pour autant cela ne doit pas empêcher un jour ou l’autre d’envisager la conduite ou ses déplacements autrement.

L’adaptation est l’un des points forts des seniors, cela peut se traduire par des stratégies de remplacement de la conduite automobile. Emprunter les transports en commun pour ceux qui sont en ville, faire appel à un transport “à la demande” disponible souvent au niveau des communes ou de divers  organismes , préférer le train pour des longs trajets,… l’essentiel restant d’arriver à bon port.

Les accrochages à répétition sont souvent annonciateurs d’accidents plus graves. Posez-vous des questions sur votre conduite, répondez-y le plus sincèrement possible, et écoutez surtout l’avis de votre entourage. C’est le meilleur moyen de ne pas mettre en danger votre vie et celle des autres.

Il n’est pas question de limiter vos déplacements, mais bien au contraire de conserver toute votre mobilité, sans stress et en toute sécurité. D’autant qu’il ne faut pas oublier que les conducteurs âgés ont des points forts que n’ont pas encore les plus jeunes : l’expérience de la conduite, le sens des responsabilités, mais surtout une formidable capacité à s’adapter. N’oublions pas qu’ils ont démontré qu’ils peuvent s’adapter aux nombreux changements qui ont eu lieu sur les routes et les véhicules automobiles au cours des années.

Le vieillissement et les aptitudes à conduire.

Le vieillissement a des conséquences sur l’aptitude à conduire un véhicule. Avec l’âge apparaissent inéluctablement des altérations de la vue, de l’ouïe et des réflexes en général, qui s’ajoutent à la difficulté croissante de traiter simultanément plusieurs informations, ceci dans un temps limité.

La consommation de certains médicaments augmente également le risque d’être impliqué dans un accident de la circulation.
Les seniors arrivent en 2ème position après les jeunes en terme de tranches d’âge les plus touchées par les accidents de la route.

S’ils sont plus respectueux des règles, plus prudents, et qu’ils évitent de se mettre dans des situations difficiles, ils sont pourtant sur-représentés dans les accidents mortels du fait d’une plus grande fragilité de l’organisme. En effet, les plus de 65 ans représentent 19 % des tués sur la route, la moitié des piétons, et plus du tiers des cyclistes tués.
Donc, preque 1 tué sur 5 sont des personnes âgées de plus de 65 ans !
Les femmes de plus de 65 ans présentent, elles, un sur-risque par rapport aux hommes de la même génération, ce qui s’explique par une pratique moins régulière de la conduite.

Conduire est une tâche complexe qui requiert un grand nombre de compétences et met en jeu plusieurs fonctions cognitives.

En effet, le conducteur doit être capable de traiter rapidement des stimuli provenant des différentes modalités sensorielles, d’apprécier des situations et de prendre les bonnes décisions.

La conduite d’un véhicule sollicite diverses fonctions cognitives :
des capacités visuo-spatiales, qui permettent un positionnement approprié du véhicule, une estimation des distances, une interprétation de la situation routière et une prédiction de son évolution ;
la mémoire, qui intervient lorsqu’il est nécessaire de retenir des informations provenant de l’environnement, la reconnaissance des panneaux de signalisation par exemple ;
les capacités d’attention (soutenue, sélective, divisée), sont essentielles. Le conducteur doit être capable de sélectionner des informations pertinentes, en restant vigilant, et en gardant sa capacité d’orientation spatiale.

La vue

D’une manière générale, le vieillissement induit une détérioration de la vue, par où transitent 90% des informations nécessaires à la conduite.
L’acuité visuelle et la sensibilité aux contrastes permettent la détection des obstacles et la reconnaissance rapide et précise des panneaux de signalisation.
• Une bonne vision binoculaire donne une meilleure vision du relief, une augmentation du champ visuel, une meilleure reconnaissance des formes.
• Le sens de la profondeur permet une appréciation des distances lors des dépassements.
• Le champ visuel joue un rôle capital en cas d’obstacle latéral, dans les dépassements, les croisements.

L’acuité visuelle diminue avec l’âge, à 60 ans, elle a chuté de 30% par rapport à l’âge de 25 ans. De façon plus concrète, là où un jeune peut lire un panneau à 100 mètres, une personne âgée devra se rapprocher entre 65 et 70 mètres pour le déchiffrer. Il faut préciser que ces panneaux ont été standardisés après-guerre, une époque où seulement 7% de la population avait plus de 65 ans.

Les capacités d’accommodation « loin-près » sont moins rapides, la baisse de l’acuité visuelle est particulièrement marquée la nuit, et la sensibilité à l’éblouissement est accrue. A 60 ans, on a besoin de 4 fois plus de lumière qu’à 20 ans pour bien voir.
La liaison (route, tableau de bord, route) prend 4 fois plus de temps à partir de 60 ans qu’à 30 ans.
L’adaptation aux changements brusques d’éclairage ou à l’éblouissement devient également plus longue : lors de la sortie d’un tunnel, d’un parking ou suite à un éblouissement, la vitesse de récupération de toute son acuité est variable selon l’âge, 5 secondes à 20 ans, 1 minute à 60 ans, 2 minutes à 90 ans.
On estime aujourd’hui que plus d’ 1 automobiliste sur 10, âgé de 60 ans et plus, a une vision inférieure aux critères requis pour la conduite.
Le champ visuel diminue à partir de 50 ans : de 180° au départ, il atteint 120 ° à 70 ans puis baisse de nouveau jusqu’à 100°.

Comment tester votre champ visuel ?

En situation immobile, en regardant devant soi, notre champ visuel devrait être de 180 °.
Voici un moyen de faire une vérification personnelle, immédiate et facile. Debout, regardez devant vous, levez vos deux bras à hauteur de vos yeux et pointez vos pouces vers l’avant. Ecartez tout doucement vos bras sur le côté en les maintenant à l’horizontale, vous devez toujours percevoir vos pouces qui s’écartent de plus en plus tout en regardant en face.
Dès l’instant où vous êtes obligé de tourner la tête pour les voir, vous atteignez la limite de votre champ visuel et vous pouvez alors estimer sa valeur en degrés.

Comment tester la profondeur de votre acuité visuelle ?

Test de profondeur pour l’appréciation des distances:

•   Regardez devant vous et à hauteur de vos yeux, pointez votre index de la main droite vers le haut.
•   Tendez votre bras gauche et votre index vers le ciel (à la verticale, au dessus de votre tête).
•   Descendez rapidement l’index de votre main gauche pour venir toucher l’index de votre main droite, sans bouger    la tête.
•   Si votre sens de la profondeur est correct, vous devez réussir du premier coup ce test, sinon, consultez votre ophtalmologiste.
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