Une nouvelle sensorialité comme stratégie d’intégration du changement ?

"approche Corps et sens"- Laetitia Langlois

“approche Corps et sens”- Laetitia Langlois

L’âge : des transformations variables

L’entrée dans la fleur de l’âge est une période délicate qui nous concerne tous.
Pour commencer, j’ai besoin de partager avec vous quelques questionnements au sujet du troisième âge : est-ce une nouvelle période de la vie ? Commence-t-elle à l’arrivée de la retraite ? Est-ce un âge donné ? Correspond-elle à des changements corporels ou cognitifs ? Prend-elle naissance dans le regard des autres ? Est-elle à l’origine de nouvelles attentes ? D’une nouvelle utilité ? Est-ce un état d’esprit ? Est-ce synonyme de perte de repères ? Est-ce forcément gage de sagesse, de réussite ?

Le senior vit et se définit certainement au travers des différents aspects énoncés. Cependant, pour chaque personne, l’association de quelques-uns de ces éléments sera prédominante. Voilà pourquoi, selon moi, chaque expérience est unique.
En réalité, nous pouvons parler d’hétérogénéité et donc d’inégalité face au vieillissement.

Perte de repères ou nouvelle identité ?

On est assez vite d’accord sur l’idée qu’une inégalité existe entre nous face au vieillissement. Par contre, ce n’est pas si simple de trouver les mots pour cerner les transformations vécues par la personne qui « se sent » vieillir.
Plus la durée de vie augmente, plus il y a de définitions de la vieillesse. Excepté les aspects purement médicaux, l’arrivée dans la période du troisième âge aurait donc bel et bien tendance à être une perception personnelle.
D’un point de vue social, il est de moins en moins rare de vieillir, le « grand âge » est donc de moins en moins méritoire. Ce n’est plus un privilège accordé à quelques chanceux qui pouvaient à l’époque être considérés comme les plus forts, les plus vigoureux et les plus rusés de leur entourage.

D’accord … mais si le senior n’est plus méritant pour son âge, n’est-il pas méritant pour autre chose ? Pour des qualités intrinsèques à sa personne quel que soit son âge ?
A voir …

La société actuelle connait des accélérations fulgurantes comme dans la technologie par exemple. Alors qu’auparavant, les anciens étaient considérés comme des sages pouvant transmettre leur savoir à leurs enfants et petits-enfants, ils sont maintenant confrontés à des (ré-) apprentissages permanents et peuvent rapidement être déconcertés ou découragés par ces changements si rapides : internet, le smartphone, les réseaux sociaux, les tablettes, l’internet Banking, etc.
C’est tout naturel de ressentir dans un tel contexte une certaine amertume mais aussi parfois de l’angoisse, une perte de confiance, du stress ou de l’isolement (puisque nos outils de communication et d’information sont au cœur des évolutions technologiques) !

« De nos jours, seuls les vieux savent encore marteler une faux mais on ne fauche plus.» Docteur Michel Cavey

D’accord … mais si le senior ne peut plus enseigner ses savoirs ou savoirs faire, ne sait-il pas pour autant enseigner un certain savoir être ? Une expérience de la vie, des relations ? Un regard sur l’humain ?
On pourrait l’entendre …
En fait, le troisième âge de cette génération n’est plus le même que celui des générations précédentes. Il est en pleine transformation et nécessite de notre part un petit coup de pouce pour repérer ses points forts.

Puisque nous n’avons plus, comme par le passé, à respecter nos vieux d’aujourd’hui sur base du simple fait qu’ils sont nos aînés. On peut d’autant plus les admirer, les estimer, pour leur caractère, leur personnalité à part entière.

Aujourd’hui, nous les considérons pour qui ils sont et pas parce qu’ils sont vieux !

Se « sentir » vieillir …

Après avoir mis quelques couleurs sur le paysage social, revenons aux aspects plus terre à terre avec le vieillissement psycho-corporel.
Les premiers signes correspondraient à la diminution puis la perte des capacités à faire des progrès. Le problème, c’est qu’en tant qu’adulte et puis senior (sauf si nous sommes, par exemple, un grand sportif) nous ne sommes pas nécessairement placés en situation de challenge tous les jours. De ce fait, nous ne pouvons pas facilement nous observer confrontés à l’absence de progrès. Cette perte passe plus ou moins inaperçue.
Ensuite, viendrait la perte des capacités du corps à se réparer. Celle-ci, nous pouvons la sentir peu à peu en cas de maladie ou d’accident. C’est à ce moment-là que nous nous rendons compte qu’il est désormais plus difficile pour le corps de récupérer son état initial. Voire, avec le temps, impossible …

Face à cette prise de conscience, parfois soudaine, devra se mettre en place un deuil à faire : celui du corps d’avant et des capacités perdues. Deuil, nécessaire pour trouver une nouvelle façon d’être au monde.

Être au monde …

C’est avoir la capacité de faire des balades accompagné de ses proches par exemple.
Avec l’âge, la motricité du corps, fine et globale s’altère progressivement. Ainsi, la personne commence à hésiter lorsque ses amis lui proposent une sortie. Elle va devoir utiliser sa concentration, surveiller plus qu’avant ses pas pour ne pas tomber et sera peut-être plus vite essoufflée. Pourtant, les promenades seront toujours extrêmement bénéfiques pour préserver sa santé. Simplement, elles pourront être organisées autrement : avec un arrêt plus long sur un banc pour observer les oies sauvages et sentir le vent dans les cheveux ainsi que le parfum des arbres.

Oui, être au monde … C’est avoir le bonheur immense que la vie nous a donné de voir, entendre, toucher, sentir, goûter !
La majeure partie des individus adultes privilégie naturellement les perceptions sensorielles de la vue et de l’ouïe. Nous l’avons appris dès le plus jeune âge sur les bancs d’école, à devoir écouter la maîtresse et regarder le tableau. Cela correspond à une façon de percevoir le monde à distance :

• dans les relations sociales traditionnelles
• dans les situations d’apprentissages, de partage du savoir

Lorsque l’âge se fait sentir, l’apparition de faiblesses de la vue et de l’ouïe commence en premier lieu. Ainsi, discrètement, on glisse des perceptions du monde lointain… aux perceptions du monde proche, celles qui étaient très utilisées dans la petite enfance et qui sont passées en second plan chez la plupart des gens, une fois devenus adultes, sauf dans quelques cas spécifiques :

• dans l’intimité
• dans les nouvelles expériences lorsque l’envie de découvrir ou le besoin de se sécuriser est présente
• dans les contacts avec les personnes différentes (de langue et/ou culture étrangère, en situation de
handicap sensoriel ou moteur)
• dans les contacts avec la petite enfance (qui connait un fonctionnement sensoriel basé dès l’origine sur le
mouvement, le toucher, le goût et l’odorat)

C’est l’éternel cycle de la vie : le petit dernier de la famille vient peut-être de trouver en son grand-père un véritable complice de jeux.

Et oui ! Contrairement aux autres grands, il ne cherche pas à diriger l’enfant vers la parole et accepte beaucoup plus facilement cette communication non-verbale et sensorielle que l’enfant connaît bien.

En plus des modifications dans la sensorialité du sujet âgé, il connait également des faiblesses en matière de mémoire et des transformations intellectuelles. Il n’est pas moins intelligent mais consacre sa pensée à autre chose, autrement :

• la mémoire immédiate s’affaiblit fortement
• la mémoire à long terme diminue un peu également
• la capacité à se concentrer demande plus d’effort (ce qui explique en partie les chutes, les accidents)
• la capacité d’adaptation se dégrade (alors que notre société en demande de plus en plus)

L’enfant et le vieillard sont tournés vers l’être, le ressentir, le vivre dans l’instant présent et non pas dans l’action, la réalisation. Ils accumulent des expériences sensorielles leur permettant d’intégrer le changement, la transformation.

« C’est parce que le cerveau de l’adulte plus jeune lui permet de modifier le monde qu’il ne lui permet pas de le contempler » Docteur Michel Cavey

Pourrions-nous dire qu’à chaque âge, sa mission de vie ? Pourquoi pas?

“Approche corps et sens” (Liège – Belgique)

Afin de précéder et d’accompagner ces changements, l’« Approche Corps et Sens » vous propose de vivre une nouvelle sensorialité au fil des séances. Il ne s’agit pas de modifier radicalement les canaux sensoriels prédominant chez vous mais bien de développer une écoute, une observation, un ressenti dans cette sensorialité existante.

Ainsi, le corps est vécu dans l’instant présent. Un centrage peut se faire et une cohérence plus précise entre le changement et le ressenti peut être utilisé pour développer des habitudes, des stratégies sensorielles personnelles.

Tout comme le phénomène naturel, l’approche corps et sens vous accompagne dans le passage des perceptions sensorielles du monde lointain aux perceptions sensorielles du monde proche.

C’est pour ça que cette approche s’adresse à tous quel que soit l’âge ou le vécu : le passage d’une perception du monde à l’autre permet d’accéder à un potentiel personnel plus vaste et apporte un nouvel angle de vue aux changements que nous vivons et au développement personnel que nous cherchons tous.

L’« Approche Corps et Sens » se décline en séances individuelles et en ateliers.

Les séances individuelles sont centrées sur le massage (à l’huile ou en vêtements) ainsi que sur la relaxation tandis que les ateliers sont centrés sur l’exploration sensorielle par la relaxation, le mouvement, la méditation et le soutien du groupe dans le respect du rythme de chacun.
Je les ai conçue et les encadre moi-même afin de préserver la philosophie d’origine inspirée des courants en lien avec l’éducation en accompagnement psycho-éducatif, la psychomotricité (dont la motricité libre, l’approche snoezelen, l’éthologie) et les différentes techniques corporelles pour lesquelles je me suis formée au fil des années.

Laetitia Langlois
0494/91.90.48