Les liens entre cancer et alimentation sont aujourd’hui prouvés-1ière partie

Bien manger est le meilleur moyen de rester en bonne santé !

Cela est particulièrement vrai contre certains cancers, et notamment celui du sein.
Les liens entre cancer et alimentation sont aujourd’hui prouvés. Bien manger permet de réduire les risques d’apparition de nombreuses tumeurs.

Aujourd’hui, les résultats des recherches scientifiques démontrent un lien entre notre alimentation et la survenue de certaines maladies dont le cancer du sein.

Voici quelques conseils préventifs :

1. Gare aux carences en vitamine D

Lors du congrès de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO), des chercheurs canadiens ont découvert pour la première fois que les femmes ayant une carence en vitamine D au moment du diagnostic de cancer du sein ont plus de risque de voir leur cancer évoluer défavorablement. Déjà connue pour son action positive sur les os, la vitamine D pourrait ainsi se voir attribuer de nouvelles vertus.

Où la trouve–t-on ?

Les aliments les plus riches en vitamine D sont les oeufs, le beurre et le foie, les poissons gras et surtout les huiles extraites du foie de certains poissons (morue). Cette vitamine joue un rôle essentiel dans le métabolisme du calcium et du phosphore. Au niveau intestinal, elle augmente l’absorption du calcium et du phosphore et intervient dans la minéralisation des os. Mais pour être utilisable par notre organisme, la vitamine D a besoin de l’action des rayons ultraviolets du soleil. Les seniors peuvent également être supplémenté, du fait d’une moindre exposition au soleil et d’une plus faible capacité de la peau à participer à la formation de cette vitamine. Enfin, son association avec le calcium permet de réduire le risque de fractures liées à l’ostéoporose.
La vitamine D associée à l’évolution du cancer du sein

Une étude réalisée entre 1989 et 1995 à l’université de Toronto a mis en évidence que les femmes  présentant un déficit important en vitamines D (moins de 50nmol/L de sang) au moment du diagnostic de cancer avaient 94 % de risque supplémentaires d’avoir des métastases et 73 % de mourir de leur cancer dans les 10 ans suivant le diagnostic.

Au moment du diagnostic, les auteurs ont noté que seulement 24 % des femmes atteintes du cancer du sein avaient des concentrations sanguines de vitamine D normales.

Faut-il supplémenter en vitamine D ?

“Nous trouvons préoccupants le fait que les carences en vitamine D soient si fréquentes chez les femmes atteintes d’un cancer du sein, et que cela affecte tant l’évolution de la maladie ” déclare Pamela Goodwin, professeur de médecine et co-auteur de l’étude. Pour l’heure, si cette étude a identifié une telle association, on ne peut dire s’il s’agit d’un réel lien de causalité.
Les résultats d’autres chercheurs américains semblent plaider en faveur de ce lien. En étudiant le niveau d’exposition aux ultraviolets (et la concentration sanguine en vitamine D qui suit la même évolution) de 107 pays, ils ont constaté un effet protecteur des UVB sur le risque de cancer du sein.

Mais avant de supplémenter en vitamine D les femmes nouvellement diagnostiquées, de nouvelles études seront nécessaires pour savoir si une telle démarche peut réellement améliorer le pronostic de la patiente.

2. Le lait est votre ami

Le lait, c’est bon pour la santé et pour prévenir le cancer du sein !

Des chercheurs norvégiens de l’Université d’Oslo ont suivi 48 844 femmes pré-ménopausées pendant près de sept ans. Durant cette période, 317 cas de cancer du sein se sont déclarés. Un questionnaire relatif à leur consommation de lait pendant l’enfance a été adressé à l’ensemble des participantes.

Résultat : la consommation de lait durant l’enfance semble liée à une diminution du risque de cancer du sein chez les femmes de 34 à 39 ans, mais pas chez celles de 40 à 49 ans. En prenant en compte l’âge, les facteurs hormonaux, l’indice de masse corporelle, l’éducation, l’activité physique et la consommation d’alcool, la consommation de lait à l’âge adulte semble également avoir un effet protecteur. Le type de lait, sa concentration en corps gras ne semble pas pour autant influer sur les résultats.

3. Ce que nous mangeons peut-il prévenir la survenue du cancer du sein?

Le contenu de notre assiette peut jouer un rôle protecteur contre l’apparition du cancer du sein. Les aliments qui diminuent les risques de développer cette maladie sont principalement les légumes, les fruits, les céréales complètes et même le lait.

Les résultats des 26 études sur la consommation de fruits, de légumes, de béta-carotène ou de vitamine C sont résumés dans le tableau suivant:

Légumes Fruits Beta-carotène Vitamine C
Réduction du risque relatif entre les fortes consommatrices et les faibles consommatrices 25 %
(17 études)
6 %
(12 études)
18 %
(9 études)
20 %
(11 études)

 

Cette étude confirme l’association entre la consommation de légumes (et dans une moindre mesure de fruits) et le risque de cancer du sein. Il semblerait que les plus grandes consommatrices de légumes auraient 60 % de risque de moins de développer un cancer du sein. Outre le beta-carotène et la vitamine C, les légumes contiendraient des centaines de composés capables de lutter contre l’apparition de cancer : vitamine E, sélénium, anti-oxydants, polyphénols…

Alors Mesdames, n’oubliez pas de concocter vos menus avec un maximum de verdure !

4. Attention au surpoids !

Le surpoids serait relié à une augmentation du risque de cancer du sein après la ménopause.
Mais comment des kilos peuvent influer sur l’apparition du cancer ?

La clé, ce serait les hormones. Plusieurs études démontrent que le risque est élevé surtout après la ménopause. Avec l’arrêt de règles, il existe un lien direct entre les hormones et l’augmentation des tumeurs. Le surpoids et  l’obésité favorisent la surproduction de plusieurs hormones à la ménopause : des oestrogènes mais aussi des facteurs de croissance. On peut donc résumer ainsi :

Excès de poids =  Excès d’hormones = Risque de cancer du sein

Il n’est jamais trop tard pour perdre du poids, car la perte de quelques kilos va de pair avec une baisse importante de la production hormonale.

 

Sources :
– ASCO Abstract 511 – Samedi 31 mai 2008

– Apports nutritionnels conseillés pour la population Française, Agence Française de

Sécurité Sanitaire des Aliments, 3e édition, Ed. Tec & Doc.

– Etude DECALYOS Chapuy et al., 1997

– Breast J. 2008 May-Jun;14(3):255-60. Epub 2008 Apr 2